Soleil et cancer: les Belges négligent la prévention

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Soleil et cancer: les Belges négligent la prévention

Si ces dernières années on a pu se réjouir du recul de bon nombre de cancers, celui de la peau continue à faire des ravages, en Belgique. Et pourtant, c’est le seul à être visible et donc à pouvoir être diagnostiqué à l’oeil nu! Chaque année, 2.200 nouveaux cas de mélanomes sont diagnostiqués en Belgique de même que 20.000 autres cas de cancer de la peau.

Le mélanome est une tumeur maligne qui se développe par dégénérescence des mélanocytes touchant toutes les générations explique Véronique Del Marmol, chef du service de dermatologie, ULB.

Les mélanocytes tumoraux produisent en excès le pigment mélanique.

Sa progression se fait dans un premier temps horizontalement et dans un second temps verticalement vers le derme et l’hypoderme. Des cellules cancéreuses peuvent ensuite se métastaser.

Un mélanome peut se développer à partir d’un grain de beauté existant (35% des cas) ou, plus fréquemment, apparaître à la surface d’une peau saine à n’importe quel endroit du corps.

Le mélanome est le plus grave des cancers de le peau. En revanche, s’il est diagnostiqué et traité suffisamment tôt, il est presque toujours guérissable, insiste Véronique Del Marmol.

Il est donc d’autant plus important de s’examiner régulièrement pour déterminer si l’on a des grains de beauté qui changent ou qui grossissent, ou pour vérifier l’apparence de toute autre marque sur la peau.

Comment se manifestent les mélanomes?

Ils apparaissent le plus fréquemment au niveau du cou sous forme d’une tache irrégulière brune ou noire. Chez la femme, on le retrouve surtout au niveau des jambes. Le développement des métastases par voies sanguine et lymphatique est très rapide.

Les UV, les grands responsables.

On estime que 2/3 des mélanomes sont dus à une exposition solaire excessive (UVA et UVB). Les coups de soleil ou les expositions intenses cumulatives, subies tôt pendant l’enfance, sont particulièrement néfastes. Les soins solaires à haut indice de protection doivent être conseillés.

Tous les mélanomes ne sont pas liés à la surexposition solaire, le terrain génétique est aussi un déterminant majeur: 10% des mélanomes surviennent dans un contexte de mélanome familial. Une vigilance particulière est requise vis-à-vis des grains de beauté de naissance, qualifiés de naevus, et qui concernent 1% des nouveau-nés.

Les traitements immunosuppresseurs accroissent aussi le risque de cancer cutané.

Quel est le traitement?

Le mélanome évolue en plusieurs stades de I à IV, ces stades caractérisant la gravité.

Le saviez-vous? Quand le mélanome est localisé, le taux de survie est de 98% au stade I et de 88% au stade II, aux stades métastatiques, il chute en-dessous des 20%.

En général, il existe une corrélation entre l’épaisseur de la tumeur et le pronostic vital.

Dans le cas d’un mélanome localisé:

  • Aux stades I et II (sans métastases), le traitement consiste à retirer la tumeur par chirurgie avant la dissémination. Il n’y a pas de risque d’évolution métastatique mais des récidives tardives (après plus de dix ans) sont possibles. Une immunothérapie adjuvante (interféron) visant à réduire le risque de récidives est proposée en option pour les mélanomes dont l’épaisseur est supérieure à 1,5 mm.
  • Au stade III, le mélanome et les ganglions à proximité sont retirés, une immunothérapie est proposée en option, et une radiothérapie externe peut être utilisée comme traitement adjuvant. Une chimiothérapie peut être envisagée pour les mélanomes ne pouvant être traités par chirurgie.
  • Au stade IV, l’exérèse chirurgicale des métastases peut être une solution, une radiothérapie externe, éventuellement associée à la chimiothérapie ou la chirurgien est le traitement de référence des métastases osseuses.

Observer ses grains de beauté – Observer tout le corps, l’avant et l’arrière, de préférence devant un grand miroir. Si un grain de beauté devient épais, augmente de taille ou si sa bordure devient irrégulière, s’il change de couleur, prend une couleur non homogène ou un caractère bicolore, c’est suspect. Il faut consulter de toute urgence insiste Véronique Del Marmol. L’idéal est d’ailleurs d’aller une fois par an chez le dermatologue pour une cartographie des grains de beauté.

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